LES POINGS SERRES

APOCALYPSE

Une lueur étrange, venue de nulle part
Flotte sur les décombres qui s'étendent partout
Sur le monde détruit.

Et, aussi loin que puisse embrasser le regard,
On ne voit que pierrailles qui ont recouvert tout.
Toute vie a péri.

Pas un son, pas un bruit, pas un halètement
Connu de l'être humain avant le cataclysme
Ne peut se percevoir.

Vision de cauchemar, spectacle hallucinant !
Les terres éventrées ont déformé les isthmes,
Ouvert des entonnoirs.

Les volcans réveillés crachent de la fumée ;
La lave rougeoyante se répand sur leurs flancs.
Le soleil est caché.

Le vent soudain furieux entasse les nuées
Assombrissant encore cet aspect désolant
Du monde ravagé.

La tempête rugit, le feu tombe du ciel ;
La terre et les nuages semblent ne faire qu'un bloc.
Vision dantesque !

Des cataractes d'eau, déluge torrentiel
Inondent les vallées en submergeant les rocs.
En les brisant presque.

Le monde est revenu au temps de la Genèse
Tel qu'il était avant, un magma primitif,
Un chaudron infernal.

Au moment où les dieux créaient cette fournaise
Ce bourbier qui resta constamment agressif
Et toujours asocial.

Qui était donc celui, pris soudain d'hystérie
Qui avait le premier, sur le fatal levier,
Osé poser le doigt ?

Mais n'étions-nous pas tous atteints par la folie ?
N'avions-nous pas confié aux apprentis sorciers
Un peu de notre foi ?

Nous leur avions donné de quoi construire la bombe
Qui, soi-disant, devait nous garantir la paix
Et pacifier la terre !

Et le résultat fut cette immense hécatombe
Où les «civilisés », leur terre transformaient
En vaste cimetière !
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# Posté le mardi 29 août 2006 10:33

LES POINGS SERRES

LUCIDITE

J'inspecte mon «ego »
Je dissèque mon «moi ».
Ce n'est vraiment pas beau !
Pouah !
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# Posté le mardi 29 août 2006 10:35

LES POINGS SERRES

Pour le départ de l'aciérie.


DEPART

Soufflant à tous les vents
Son haleine brûlante ;
Crachant le feu ardent,
Elle a vécu puissante.

On vient de l'arrêter,
D'éteindre ses foyers.

Et règne le silence
De la mort sans pitié :
Unique récompense
A ceux qui ont donné
Le meilleur de leur c½ur,
Une part de leur vie,
Trempant de leur sueur
Cette belle aciérie.

Le squelette paria
Découpant l'horizon
Semble tendre les bras
Et demander pardon.

Pardon de quoi ? mon dieu !
De n'avoir pas enfin
Assez craché de feu
Et de partir au loin ?

Pauvre corps de machine
Dont les hommes ont pris l'âme,
Sauras-tu dans l'exil
Redresser ton échine
Et rallumer ta flamme ?
Vaincras-tu le péril
Du total abandon,
De la disparition ?

O creuset familier
De toute une carrière,
De te voir t'en aller
J'ai le c½ur qui se serre.
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# Posté le mardi 29 août 2006 10:37

LES POINGS SERRES

CALOMNIE


On disait...
On disait...
On a tellement dit...
Qu'il s'est pendu lundi !
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# Posté le mardi 29 août 2006 10:39

LES POINGS SERRES

PARCE QU'UN JOUR...LE DESESPOIR

Seul, un soir
Face aux yeux ronds, noirs
Effrayants !
Fascinants !

Un verre...
Compter les heures !
Un verre...
Contre la peur !

De nouveau le regard attirant
Des canons du fusil !
Je regarde dedans et j'y lis :

DéliVRANCE !
DELIVRAN
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# Posté le vendredi 01 septembre 2006 12:23