la dechirure (suite)

VENEZ A MOI, VOUS QUI SOUFFREZ

Seigneur, je rentrerai un jour dans ta Maison ;
Quand je pourrai penser à Elle, sans pleurer ;
Quand ma douleur et mes chagrins s'estomperont ;
Quand je pourrai dire ton Nom sans blasphémer.

J'irai m'agenouiller dans un coin sombre,
Pou être sur d'être avec toi, rien que nous deux
Et j'attendrai silencieux dans la pénombre,
Un signe, un geste ou une voix venant des cieux.

Je ne prierai pas, en vain je l'ai tant fait !
Mais si tu veux de moi, tu me tendras la main
Malgré ce que j'ai dit : que je te haïssais,
Malgré que je me sois tourné vers le Malin.

N'avais-tu pas toi-même, à ta croix accroché,
Douté de l'Eternel et prononcé ces mots ;
-Mon Père ! Pourquoi m'as-tu abandonné ?-
Moi, n'étant qu'un pécheur, quand j'ai vu ses yeux clos,
J'ai accueilli le doute, puis la haine survint
Pour un Dieu qu'on disait pourtant toute bonté
Mais qui n'entendait pas ; qui m'ignorait, enfin.

Maintenant que la paix en mon âme est entrée,
Que la plaie en mon c½ur enfin se cicatrise,
Ma foi en toi, Seigneur, renaîtra lentement
Et je viendrai, un jour, m'asseoir dans ton église
Et contempler Ta Croix en pleurant doucement.
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# Posté le mardi 22 août 2006 11:11

LA DECHIRURE

LE REVE

Quel est ce rêve étrange que j'ai fait mainte nuit
Et dans lequel des anges approchent de mon lit ?
Lumineux, irréels, ils me tendent les mains
Et je pars avec eux sans jamais craindre rien.

Et nous nous élevons vers un endroit du ciel
D'où l'on peut voir la terre et ses monts éternels.
Spectacle merveilleux que notre petit monde :
Une face éclairée, l'autre cachée dans l'ombre ;
Des peuples éveillés et d'autres endormis,
Tournant, tournant sans fin, tournant à l'infini !

Et puis nous rapprochant jusqu'à voir les humains,
Nous regardons le Mal, nous contemplons le Bien ;
L'insoutenable horreur de combats sans merci,
L'effroyable clameur de ceux qu'on a occis ;
Les trésors de douceur qu'apportent les mamans
Allaitant leurs petits en un geste charmant ;

L'incroyable partage auquel se sont livrés
Des hommes sans pardon, des hommes sans pitié :
Par-là les affamés, par ici les nourris,
D'un côté les parias, de l'autre les nantis.
Et rares étaient ceux pourvu d'un idéal
Au service du Bien, à l'encontre du Mal !

Puis, les anges m'invitent à gagner d'autres lieux.
Sur un rai de lumière, nous montons jusqu'aux cieux.
La terre, en s'éloignant, n'est plus qu'un petit point
Perdu dans mille étoiles, dans l'univers sans fin.
Les constellations mêmes ont disparu ;
Le vide est triomphant, la matière n'est plus !

Et puis Dieu, flamboyant, illuminant les ombres,
Encensé de partout par des anges sans nombre,
Me désigne son Fils, attaché à la croix,
Auréolé de gloire et dit simplement : crois !
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# Posté le mardi 22 août 2006 11:14

Modifié le lundi 09 octobre 2006 14:43

LES POINGS SERRES

LES MOUTONS

Je vais cracher ma bile en d'autres lieux qu'ici !
A voir vos faces de rats, bientôt j'aurai vomi !
Vous tous qui êtes là, vous vous croyez malins ?
Pour de plus rats que vous, vous êtes des gamins !

Vous croyez qu'on vous aime, alors qu'on vous supporte !
Pour un oui, pour un non, on vous fiche à la porte !
Comme dit le poète, il nous faut travailler
Et prendre de la peine, poursuit-il sans railler :

De la peine, j'en ai... de vous voir tels des cons
Allonger votre échine pour des augmentations !
Là-haut, on vous emmerde, de vous, on se rit bien !
Tous ces hauts dirigeants vous crachent dans la main !

Je crierais bien çà ! Mais je suis comme vous :
Un petit imbécile, une gratte-bureau, un mou !
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# Posté le mardi 29 août 2006 10:10

LES POINGS SERRES

MES AMIS, MES FRERES


Je vomis sur le monde et sur ses habitants,
Sur ce monde égoïste, peuplé de charlatans
Nous n'avons pas d'amis, seulement des façades :
Sitôt le dos tourné, fini les camarades.
Et chacun n'a qu'un but, un orgueil incroyable,
Paraître plus haut que vous, vous rendre misérable !
Le dégoût me saisit et je n'arrive point
A calmer mes esprits et desserrer les poings.
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# Posté le mardi 29 août 2006 10:12

LES POINGS SERRES

LA JUSTICE PREMIERE

Nus, nous sommes venus et nus nous partirons !
Pour tous, même justice : les vers nous mangeront.
Du plus grand au plus pauvre, du beau au contrefait.
Qu'importe la naissance et ce qu'on en a fait !

Pendant un certain temps, quelques noms resteront
Qui ont marqué leur ère, posé certains jalons
Ou torturé leurs frères, incendié, violé,
Semé la zizanie pour mieux les dominer.

Ils sont bien avancés, allongés dans leur trou
Avec comme avenir d'être mangés, c'est tout !
Et leurs os blanchiront, tomberont en poussière,
Attendant, Dieu l'a dit, la Justice Dernière.

La Justice Première commence à cet instant :
Quand les vers affamés les croquent à belles dents
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# Posté le mardi 29 août 2006 10:14