LA DECHIRURE (suite)

MA PETITE MAISON

Ma petite maison,
Cachée là, dans les taillis,
N'a pas encore très bien compris
Son abandon.

Et, triste, elle a penché,
Aidée par le vent méchant,
Son petit toit et son auvent,
Sa cheminée.

Vermoulus, ses volets
Brisés sont sortis de leurs gonds
Et doucement posent leur front
Sur les murets.

Ma petite maison
A vu tomber ses fenêtres
Par lesquelles on voyait paître
Les blancs moutons.

Tracés sur les côtés,
Ses beaux jardins, ses pelouses
Où l'ortie repousse
Sont délaissés.

Sa vieille fontaine
Où flottait le tendre cresson
Ne chante plus sous le buisson
De marjolaine.

Ses tuiles sont tombées,
Fatiguées des coups du vent
En laissant voir les trous béants
Du toit percé.

Mon vieux lit de chêne
Désarticulé par le temps
N'accueille plus les amants,
La châtelaine.

Ma petite maison
N'a pas encore très bien compris

Que lorsque mon amour a fui
J'ai perdu la raison.
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:17

LA DECHIRURE (suite)

TOUTE UNE VIE


Si loin le temps
Où m'isolais près de l'étang,
C½ur déjà plein de nostalgie,
Pressentant déjà que la vie
Ne m'apporterait que chagrin.
Si loin le temps, si loin.

Et fut le temps
Où vinrent tristesse et tourments
Comme avaient prédit mes pensées
Il y a tant et tant d'années.
Et par la vie fus vaincu.
Et fut le temps, et fut.

Bientôt le temps
Où corps lassé de souffrir tant,
Quitterai enfin cette vie
Où tout ne fut que tragédie.
Pour enfin trouver le repos.
Bientôt le temps, bientôt.
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:19

Modifié le mardi 03 octobre 2006 10:07

LA DECHIRURE (suite)

FINALITE


Comment peut-on tenir debout
Après avoir autant souffert ?
Comment poursuit-on malgré tout
Ce chemin qui tient de l'enfer ?

Serait-ce que l'on croit qu'au bout
On verra enfin la lumière ?
Ou bien parce qu'un monde fou
Vous pourchasse et pousse derrière ?

Dans ce monde qui malgré nous
Bouillonne comme une chaudière,
Les survivants restent debout
En attendant le cimetière.
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:21

LA DECHIRURE

CRI D'ANGOISSE


O ! Dieu...
Et j'exhale ton nom
Du plus profond de moi !

O ! Dieu...
Pourvu qu'ils aient raison
Et pourvu que tu sois !

Car je sens mon esprit
Lentement s'engloutir
Et tout mon être pris
Par le goût de mourir !

O ! Dieu...
Je ne crains pas la mort
Mais j'ai des êtres aimés
Et quel sera leur sort
Si je dois m'en aller ?

Les ris de mes enfants
Devraient tenir ma vie ;
L'amour de leur maman
Arrêter ma folie !

Mais profond est le mal
Et le fond est atteint ;
Il me faut un fanal
Pour trouver le chemin.

Il n'y a plus que Toi,
O Dieu que ceux-là prient
Qui, me rendant la foi,
En même temps la vie,
Puisse mon c½ur si las
Attiré par la mort,
Tirer de cet état
Et le rendre plus fort.
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:23

LA DECHIRURE

SOUFFRANCE


Ne chantez plus la Barcarolle !
Ma plaie au c½ur va se rouvrir !

Ne chantez plus la Barcarolle :
Il y a tant de souvenirs
D'un instant qui ne sera plus
Que mon c½ur pourrait défaillir
En pensant à ce jour perdu.

Ce jour où sa petite main
Se serrait très fort dans la mienne ;
Où elle scellait son destin ;
Où elle jurait d'être mienne !
Ainsi jusqu'à ce que la mort... !

Et l'on chantait la Barcarolle
Pendant que se jouait le sort !

Ne chantez plus la Barcarolle...
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:25