LA DECHIRURE (suite)

POURQUOI ?


Avez-vous déjà vu mourir un être aimé,
Ô combien plus qu'aimé, adoré, adulé !
Vous êtes-vous penché sur son souffle cédant
Au mal qui lui prenait ses tout derniers instants ?

Avez-vous entendu les dernières paroles
De celle qui, pour vous, fut bien plus qu'une idole ?
Ultimes paroles qu'il fallait mesurer
Afin qu'avant la mort, elle puisse en dire assez !

Avez-vous combattu, aidant le médecin
Contre un mal inconnu qui survenait soudain,
Tenu contre les lèvres de l'être tant aimé,
Un masque avec de l'air, l'aidant à respirer ?

Eté près de ses yeux et les voir suppliants,
Près du visage aimé qui devenait si blanc ?
Guetté sur le corps nu le spasme annonciateur
De l'ultime moment qui brisera son c½ur ?

Et puis, ses derniers mots : « Surtout, pense aux enfants ! »
-Celui qui vient de naître et déjà sans maman
Et l'aîné qui, chez vous, attend de vos nouvelles
Qui doit être inquiet de voir qu'on ne l'appelle !

Avez-vous déjà vu, enfin ce tout dernier regard
Se remplissant de vous et qui disait : « Je pars ! »
Puis fixant le plafond s'éteindre à la lumière...
A côté, un bébé, innocent et sans mère ?

Si vous avez connu des instants si cruels,
Vous comprendrez pourquoi, levant les yeux au ciel,
Je maudis à jamais l'Eternel et les Cieux
Et, tant pis pour mon âme !
Je la retire à Dieu

# Posté le vendredi 18 août 2006 07:27

LA DECHIRURE (suite)

RAGE
Doux, doux, doux, mon ami, calme donc tes ardeurs !
Paix, paix, paix, mon ami, mets un frein à ton c½ur !
Cette rage qui t'anime te rendra malheureux !
Cette haine est indigne, qui te prend peu à peu !
Si ce monde est affreux et les gens si méchants ;
Si tu as tant souffert, pleuré comme un enfant ;
Si tu as tout perdu qu'on disait éternel ;
Ne lève pas le front pour insulter le ciel !
Tu dois courber le dos et demander pardon ;
Tu dois dire merci en un grand abandon !
-Celui qui dit cela n'a donc jamais souffert ?
N'a-t-il donc jamais vu périr son univers ?
Mais la rage revient, je ne suis point surhomme
Pour accepter ainsi comme bête de somme.
Il faut plus que la foi en un Dieu si cruel.
Jamais je ne pourrai, je ne puis être tel.
La haine m'étouffera, je serai damné,
Mais quand je pense à elle, je ne puis pardonner !
Je l'aimais follement et nous avions vécu
Nos deux c½urs enlacés, s'adorant toujours plus.
Nous avions une maison, un abri pour l'orage ;
Nous avions un enfant forgé à notre image.
Et parce qu'on s'aimait, que l'on s'aimait encore,
Notre amour a déplu, fut condamné à mort !
Si l'au-delà existe et que tu es là-bas,
Peut-être pourras-tu en me voyant si las,
Me dire comme avant, quand près de toi j'étais
Et qu'un courroux sauvage en mon c½ur grandissait :
Doux, doux, doux, mon amour, calme donc tes ardeurs !
Paix, paix, paix, mon aimé, mets un frein à ton c½ur !
Viens, là tout contre moi, ne pensons qu'à l'amour :
Par delà les malheurs, il survivra toujours !
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# Posté le vendredi 18 août 2006 08:32

Modifié le vendredi 17 novembre 2006 14:41

LA DECHIRURE (suite)

DELIVRANCE

Enfin ! Enfin ! Mort, te voilà !
J'ai tant souffert d'attendre !
Je te croyais tel ces Dieux-là
Que j'ai priés sans qu'ils m'entendent !

D'eux, c'est la vie que je voulais
Pour celle que j'ai tant aimée.
Jamais ils ne me répondaient :
Ils ont brisé ma destinée.

Puis, je me suis tourné vers toi ;
De tout mon être t'ai appelée ;
Sur toi j'ai reporté ma foi
Et chaque jour, je t'ai priée.

Mais vous étiez de connivence,
Toi et les Dieux qui m'ont déçu :
Mes prières, perdues d'avance
N'arrivaient jamais à leur but !

Probablement fus-je puni
D'avoir laisser grandir le doute
Et de n'avoir pas bien compris
Que je m'étais trompé de route !

Enfin ! Tu as pitié de moi
Tu viens chercher ce corps impie
Qui n'a pas eu assez de foi
Pour voir que Dieu était la vie.

C'est peut-être dans l'autre monde
Que je recevrai le pourquoi.
Mais maintenant que tu te montres,
Je te suis ! Va ! Je suis à toi !
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# Posté le vendredi 18 août 2006 08:37

LA DECHIRURE (suite)

à mon fils Jean-Michel




L'ETOILE



J'ai vu l'étoile bleue briller au firmament.
J'ai rêvé de ses yeux, j'ai revu ta maman.
J'ai rêvé d'autrefois, pensé à mon aimée ;
J'ai pleuré doucement sur mes amours passées.

Il faut qu'on te le dise, il faut que tu le saches,
Combien elle était belle, courageuse à la tâche ;
Ne vivant que pour nous, rayonnant la douceur.
Je ne croyais pas perdre un aussi grand bonheur !

La vie sur terre est dure, il faut te méfier ;
Te tenir sur tes gardes, en la félicité
Car le malheur attend et lorsque l'on n'y croit,
Il frappe durement, te fait porter la croix.

Lève parfois les yeux et regarde le ciel
Et si tu vois l'étoile : recueille-toi ! C'est Elle.

# Posté le vendredi 18 août 2006 08:40

LA DECHIRURE (suite)

IMPOSSIBLE OUBLI


Au bord d'une clairière, m'allonger, m'assoupir !
Ne plus me réveiller et doucement mourir !
Ne plus penser jamais au passé merveilleux ;
Ne plus souffrir autant de ne plus voir ses yeux
Au regard caressant embelli par l'amour
Et que l'amour pourtant a fermé pour toujours !

Dieux ! Suspendez ma vie car le mal me reprend ;
Je voudrais tant dormir jusqu'à la fin des temps !
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# Posté le samedi 19 août 2006 10:32